Solaire après juin 2026 : revendre ne rapporte plus rien, consommez tout

Panneaux solaires sur toit en tuiles, installation réalisée chez un client Makeitsolar

Mise à jour le 18 octobre 2026.

Depuis juin 2026, revendre son électricité solaire ne rapporte presque plus rien. Beaucoup en concluent que le solaire ne vaut plus le coup. C'est l'inverse : il vaut le coup autrement. La règle tient en une ligne : chaque kWh produit doit être consommé chez vous.

1. Ce qui a changé en juin 2026

  • La prime à l'autoconsommation est supprimée pour les demandes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026.
  • Le surplus injecté sur le réseau est racheté 0,011 €/kWh HT (installations jusqu'à 100 kWc, tarif applicable jusqu'au 31 janvier 2027).
  • La TVA à 5,5 % sur les panneaux et la pose reste en place, sous conditions.

Le détail des aides est dans notre article Aides de l'État pour les panneaux solaires en 2026.

2. Le calcul qui change tout

Valeur d'un kWh
kWh revendu au réseau 0,011 € HT
kWh consommé chez vous (évite un achat au tarif Bleu Base) 0,2001 € TTC

Un kWh consommé vaut environ dix-huit fois un kWh revendu. Les jours rouges Tempo, l'écart est encore plus grand : 0,7295 € le kWh en heures pleines (tarifs au 1er août 2026).

Conséquence : la revente ne compte plus dans le calcul. Ce qui compte, c'est la part de votre consommation que vous couvrez vous-même.

3. L'autoconsommation totale, concrètement

Dimensionner sur votre consommation, pas sur votre toit

C'est l'erreur la plus coûteuse. Poser 6 kWc pour une maison qui consomme 3 000 kWh par an, c'est surinvestir : une grande partie de la production n'a nulle part où aller. À l'inverse, 6 kWc pour 12 000 kWh de consommation couvrent environ la moitié des besoins, pas plus. Le bon point de départ, c'est votre facture annuelle en kWh.

Stocker ce que vous ne consommez pas tout de suite

Le soleil produit à midi, la maison consomme le matin et le soir. Sans stockage, le solaire couvre environ 30 % de la consommation d'une maison. Deux façons de décaler le reste :

  • une batterie domestique, dimensionnée sur la consommation du soir et de la nuit ;
  • la voiture électrique en V2H, si elle est compatible : 40 à 100 kWh de réserve, 4 à 10 fois une batterie domestique. Voir notre page V2H France.

Déplacer ce qui peut l'être

Chauffe-eau, lave-linge, lave-vaisselle, recharge de la voiture : programmés en journée, ils consomment le solaire directement, sans passer par la batterie.

Ne rien injecter

Sans revente, plus besoin de contrat de rachat. L'installation est réglée pour ne rien envoyer sur le réseau (dispositif anti-injection ou onduleur bridé). Zéro injection, c'est aussi zéro démarche de vente et zéro frais de raccordement pour l'injection.

4. Ce que ça peut rapporter : un exemple

Hypothèses : maison du Haut-Rhin consommant 6 000 kWh par an au tarif Bleu Base (0,2001 €/kWh), 5 kWc plein sud (environ 5 700 kWh produits par an), batterie de 10 kWh, 200 à 270 cycles complets par an avec 90 % de rendement, chauffe-eau et électroménager programmés en journée.

kWh par an
Consommé directement en journée 1 800 environ
Restitué le soir par la batterie 1 800 à 2 400
Total couvert par le solaire 3 600 à 4 200, soit 60 à 70 % de la consommation

Économie estimée : 720 à 840 € par an sur les kWh achetés. L'abonnement ne change pas. Une partie de la production, de l'ordre de 1 000 à 2 000 kWh, reste inutilisée, surtout en été : c'est le prix de la zéro injection, et la raison de ne pas surdimensionner. Ce n'est pas une promesse : c'est une estimation qui dépend de votre consommation, de votre orientation et de vos habitudes.

Ces ordres de grandeur correspondent à ce que nous constatons quand l'installation est dimensionnée sur la consommation. Une installation surdimensionnée gaspille sa production ; une installation sous-dimensionnée plafonne autour de 50 %.

👉 Pour votre cas, le simulateur solaire, batterie et V2H calcule en autoconsommation totale et affiche ses hypothèses.

5. Trois façons de s'y mettre

  • Commencer petit : le kit prêt à brancher 800 W, deux panneaux sur lests béton, branché sur une prise dédiée. Il couvre la consommation de fond de la maison en journée.
  • L'installation complète avec batterie : panneaux dimensionnés sur votre consommation, onduleur hybride, batterie. Voir nos solutions de stockage.
  • Le V2H si votre voiture est compatible : elle remplace ou complète la batterie. Vérifiez votre modèle sur la liste officielle Sigenergy et en concession avant achat.

6. Les démarches sans revente

  1. Déclaration préalable en mairie pour une installation en toiture ou visible depuis la rue.
  2. Convention d'autoconsommation sans injection (CACSI) avec Enedis : gratuite, signée en ligne, avec l'engagement que rien ne part sur le réseau.
  3. Pose par un installateur RGE QualiPV : c'est lui qui atteste l'éligibilité à la TVA à 5,5 %. Nous vous mettons en relation avec un partenaire de votre département.

Le détail est dans notre article démarches administratives, Enedis et Consuel.

7. Ce qu'on ne vous promettra pas

  • Pas de facture à zéro. En hiver, la production baisse et vous achetez encore au réseau. L'abonnement reste dû.
  • Pas d'autonomie totale. Couvrir 100 % d'une consommation annuelle avec du solaire demanderait un surdimensionnement qui ne se rentabilise pas.
  • Pas de pari sur le prix de l'électricité. Nos estimations sont faites aux tarifs du 1er août 2026.

En résumé

Après juin 2026, le solaire ne se vend plus, il se consomme. Dimensionnez sur votre consommation, stockez le surplus, n'injectez rien. Bien fait, c'est 60 à 70 % de kWh en moins sur la facture, en estimation.

👉 Simuler mon projet · Poser une question à un ex-installateur

Pour aller plus loin :

Rédigé par Sylvain Piretti, fondateur de Makeitsolar et ex-installateur photovoltaïque. Dernière mise à jour : 18 octobre 2026.


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